Sur cette page, nous ne prétendons pas donner de définitions exhaustives des méthodes de rééducation. Nous les présentons et donnons notre avis en tant qu’usagers. Parce qu’à l’époque, nous aurions aimé savoir que nous pouvions remettre en cause l’approche thérapeutique qui nous était proposée !

Pour le moment, nous avons testé les méthodes suivantes :

 

Méthodes Bobath/Le Métayer

chevalier

Nombre des kinés pédiatriques que nous avons rencontrés (ils sont nombreux..) sont bien incapables de nous expliquer la différence entre Bobath et Le Métayer… Ils (« ils » employé au sens large, exception faite des vrais rares spécialistes) semblent pratiquer un mélange des deux alors que les méthodes sont bien distinctes.

Théoriquement, le thérapeute aide l’enfant à vivre une expérience du mouvement « normal ». Ceci afin d’augmenter son répertoire d’expériences sensorimotrices et améliorer la qualité de ses mouvements quotidiens.

En pratique, le succès de cette approche est fortement conditionné par l’implication et le caractère de l’enfant. En ce qui concerne Enora A., elle n’a jamais supporté qu’on la contraigne à exécuter un mouvement d’une manière qu’elle considérait « contre-intuitive ». De 14 à 24 mois, les séances de kiné se résumaient à l’exécution du fameux « chevalier servant » pour apprendre à se mettre debout. Mouvement impossible à réaliser pour elle car elle ne pouvait pas poser son pied à 90° sur le sol. A chaque tentative, on la corrigeait « non, pas comme ça ». Comment un enfant de moins de 2 ans, qui n’aspire qu’à jouer, peut-il supporter d’être repris sans cesse ? Ainsi, deux fois par semaine, pendant 10 mois, Enora était mise en échec systématiquement. Les séances se passaient dans les pleurs et Enora a rapidement perdu confiance en elle. Dans le quotidien, elle ne voulait plus essayer de nouveaux déplacements. « Peux pas » disait-elle. Elle était victime de praticiens qui souhaitaient « réaliser les étapes de développement dans l’ordre ». Tant que ce mouvement ne serait pas acquis, nous ne passerions pas à autre chose. Bref, un échec cuisant en ce qui nous concerne.

Aujourd’hui, nous découvert le contenu de vraies séances Bobath efficaces en … Pologne ! Mais, malgré tout, nous sommes convaincus que cette méthode ne peut être suffisante pour permettre à un enfant de faire des progrès significatifs dans son schéma moteur.

 

Méthode Medek

explication principe Medek

Cette thérapie motrice fut une vraie révélation. La méthode MEDEK (« M » pour Moteur, « K » pour « kinetic) se retrouve également sous le nom de CME (acronyme de Cuevas-Medek-Exercise). Elle a été créée par le kinésithérapeute Ramon Cuevas au Vénézuela dans les années 70. Sa principale motivation est de « provoquer des réponses motrices actives et automatiques » sans prendre en compte « la coopération et la motivation » de l’enfant. Une révolution !

L’idée est d’amener le cerveau à créer une réponse de contrôle postural en contournant les zones lésées du système nerveux. Ceci se fait :

  • en exposant l’enfant à des « challenges progressifs » dans lesquels il devra lutter contre la gravité pour ne pas tomber. Cette acquisition progressive de l’équilibre permet d’apprendre le contrôle vertical de la tête puis du tronc.
  • avec peu ou pas du tout de support (l’objectif étant d’éloigner le maintien le plus possible de la tête pour tendre vers les chevilles, on appelle ça un support « distal »).
  • en pratiquant encore et encore pour que le cerveau enregistre les mouvements.

Le schéma ci-contre tente de donner une idée de l’esprit Medek.

Deux autres aspects se démarquent des approches traditionnelles :

  • La méthode Medek comprend des exercices d’étirement dynamiques intégrés aux exercices fonctionnels. L’efficacité est sans conteste bien meilleure que les étirements statiques Bobath !
  • Une hypertonie des extrémités inférieures (pieds en équin pour Enora) n’empêche pas de stimuler la position debout. Autrement dit, la méthode Medek provoque la position debout chez l’enfant handicapé pour développer le contrôle vertical du tronc.

Lorsqu’Enora a essayé cette méthode à 21 mois, en 6 séances seulement, nous l’avons vue debout quelques secondes pour la première fois. Enora a repris confiance en elle et « osé de petites prises de risques » dans ses déplacements. Cette méthode demande une implication énorme de la part des parents qui se voient enseigner les exercices par le thérapeute pour les refaire à la maison deux fois par jour pendant 45 minutes, 6 jours par semaine. Chronophage ? Certainement mais cela vaut le coup.

Les progrès sont là et visibles dès les premières séances. La vidéo ci-contre explique les fondements théoriques de l’approche, puis, dans une seconde partie, des vidéos (où Enora apparait !) sont présentées.

Les limites de cette méthode sont définies par la taille et le poids de l’enfant car le praticien doit avoir un dos solide et quelques muscles ! A pratiquer le plus tôt possible car après 4 ans, cela devient très compliqué de débuter.

Nous vouons une éternelle reconnaissance à Ester Fink, la thérapeute qui nous a initiés à cette méthode et à l’association « Avance avec Hermance » qui a organisé les sessions à Toulouse. Depuis, le panorama a changé : de plus en plus d’associations organisent des sessions et de nouveaux professionnels se sont formés.

Où pratiquer Medek près de chez vous?

  •  Avec des praticiens Medek français : A notre connaissance, neuf thérapeuthes pratiquent Medek en France : Laetitia Wohlfahrt (kiné) en Alsace, Océane Javaux (kiné) et Laure Eve Barnoux (kiné) à Toulouse, Felix de Rozario (kiné), Claire Pérol (kiné) à Rennes, Aleksandra Lasek (kiné), Chloé Verdier (kiné) à Nantes, Antoine Cousin (kiné) en Normandie, Adeline Avril (ergothérapeute) et Elsa Thevenon (ergothérapeute) à Lyon. N’hésitez pas à les contacter, ils sont tous très compétents ! Vous trouverez leurs coordonnées en cliquant sur la carte ci-jointe.
  • Avec des thérapeuthes Medek étrangers : De nombreuses associations se démènent pour inviter les thérapeutes Medek à sublimer le potentiel de nos petits loulous !

Voici une carte de France répertoriant les villes où vous pourrez trouver des sessions Medek régulièrement.

 

L’équithérapie / Hippothérapie

equithérapie

En France, l’apport psychologique de l’activité avec le cheval est davantage exploité que l’aspect moteur. Elle a pourtant un impact significatif sur la fonction motrice (équilibre, coordination, assouplissement, force, tonus du tronc). Nous avons été surpris de découvrir que cette discipline est accessible dès le plus jeune âge ! Enora a commencé à 2 ans. Le but n’est pas d’enseigner l’équitation mais bien de se servir des possibilités qu’offre le cheval pour améliorer les fonctions déficitaires.

La marche du cheval permet une mobilisation ostéo-articulaire douce et répétitive sans lassitude de l’enfant et du thérapeute. Cette répétition de sensations proprioceptives et kinesthésiques inconnues met en place des schémas nouveaux, crée de nouvelles synapses dans le cerveau et diminue le temps de réponse neurologique.

Les bénéfices sont multiples :

  • Le travail au pas sollicite environ 300 muscles chez le cavalier : l’ajustement tonique (environ 1800 ajustements en 30 minutes) exige des séries de contractions/décontractions des muscles agonistes et antagonistes. On est dans la perturbation de la dynamique posturale.
  • Le cheval permet de travailler sur le mouvement de la marche car il amplifie les transfert de poids du corps.
  • La mobilisation du rachis stimule le tonus axial et provoque un redressement du tronc ce qui permet de lutter contre l’hypotonie.
  • La détente musculaire est considérablement améliorée par le pas du cheval : la position assise à califourchon étire les adducteurs spastiques et l’alternance du balancement favorisent la décontraction.
  •  Enfin, concernant l’aspect psychologique, cette activité est valorisante. : le cheval n’attend rien de l’enfant, ne lui demande rien : il est un instructeur calme et non jugeant.

Après seulement une petite dizaine de séances, nous étions d’ores et déjà convaincus que cette activité pourrait être un élément majeur dans la rééducation d’Enora. Nous avions enfin trouvé le moyen de travailler efficacement dans un moment de détente et de plaisir, non contraignant pour Enora. L’impact sur le tonus postural du tronc est évident (les premières fois, elle ne tenait son dos droit que 5 minutes avant de s’affaisser ; aujourd’hui son endurance a nettement augmenté, elle peut rester 45 minutes sur le poney !).

 

Exosquelette Lokomat

Lokomat

Le lokomat est une sorte d’exosquelette fonctionnant sur un tapis roulant. Ce système robotisé offre un mouvement répétitif pour intégrer un bon schéma de marche. Le patient accomplit les exercices en décharge de poids ; le but étant que l’assistance soit de plus en plus réduite.

Ainsi, le Lokomat contribue à une réorganisation progressive du cerveau grâce à des orthèses de marche articulées et robotisées, un système d’allégement dynamique et un logiciel qui enregistre la contribution du patient au cours d’exercices ludiques diffusés sur un écran.

Les bénéfices attendus sont : confiance, motivation, souplesse, puissance musculaire, endurance, résistance à la fatigue, etc…

Le problème ? Il n’y en a qu’un seul en France à usage pédiatrique (à Nice avec une longue liste d’attente…). Nous nous déplaçons donc en Pologne où plusieurs centres de rééducation pluri-disciplinaires en sont équipés.

Après 2 semaines d’utilisation à raison de 45 min par jour, nous avons constaté chez Enora A. un meilleur déroulé de jambes, une plus grande fluidité et rapidité de marche avec son déambulateur.

 

Balnéo : Piscine / Spa

On nous a souvent vanté les bienfaits de l’eau. Oui, mais comment faire lorsque l’eau d’une piscine municipale est trop froide et ne fait qu’empirer la spasticité des muscles ?

Lors de notre séjour à Toronto, nous avons pu profiter d’une piscine spécialement chauffée à 33°C pour aider les personnes atteintes de troubles moteurs. A raison de deux fois par semaine, les progrès ont été significatifs ! Les images parlent d’elles-même. Enora A. se sent libre car ses muscles sont détendus. A Toulouse, Enora A. continue dans un cabinet de kinés équipé d’une piscine chaude.

La piscine permet également d’augmenter la capacité pulmonaire de l’enfant et améliore de ce fait les capacités d’élocution.

 

Méthode Talk Tools

TalkTools

La thérapie du positionnement oro-facial Talk Tools a été fondée par orthophoniste américaine, Sara Rosenfeld-Johnson, dans le but d’aider les personnes qui rencontrent des difficultés à parler, à positionner leur sphère oro-faciale et à s‘alimenter. Concrètement, les enfants qui ont des soucis de déglutition (fausses routes), de bavage, de réflexes nauséeux, de mastication, de souffle ou de simples défauts de prononciation trouveront un bénéfice à cette méthode.

C’est une méthode ludique, facile à pratiquer par les parents qui s’aideront d’outils spécialement conçus : pailles de différents niveaux de difficulté, brosses de massages buccales et le fameux Z-VIB mais également harmonica, sucettes, bulles, etc…

Enora A. a fait un bilan avec une thérapeute anglaise. 30 minutes lui ont suffit pour mettre en lumière des faiblesses de la sphère buccale que nous ne soupçonnions pas. Après avoir évalué Enora pendant 2 heures, la thérapeute nous a préparé un programme d’exercices pour les 6 prochains mois. 10 minutes par jour suffisent mais il faut s’astreindre à une pratique quotidienne pour obtenir des résultats.

Une formation Talk Tools s’est tenue en France pour la première fois le 10 novembre 2017. Espérons qu’il y en aura pleins d’autres pour qu’un maximum de professionnels y soient sensibilisés !

 

Méthode Tomatis

Le Dr TOMATIS*, médecin ORL de la Faculté de Paris a travaillé pendant de nombreuses années en collaboration avec l’Armée de l’Air pour le compte du ministère du Travail afin d’analyser la surdité professionnelle chez les travailleurs des arsenaux militaires. Dans ce contexte, Tomatis a découvert, grâce à des tests audiométriques, que la voix de ces travailleurs n’émettait pas les fréquences lésées par le bruit des réacteurs d’avion. De même, il a constaté que les problèmes vocaux des chanteurs étaient directement liés à leur déficience auditive. Cette constatation a ensuite pris la forme d’une hypothèse de travail importante selon laquelle la voix reproduit uniquement les harmoniques que l’oreille peut entendre. Cette découverte date de 1947 et a été publiée en 1957 à l’Académie des Sciences de Paris sous le nom d’EFFET TOMATIS.

Ainsi, toute modification auditive apporte un changement manifeste dans le mode d’élocution d’une personne. Tomatis en a déduit qu’il est possible de transformer la phonation par une stimulation auditive entretenue en rééduquant les récepteurs de l’oreille. Grâce à une gymnastique des muscles auditifs, la Méthode Tomatis® permet à l’oreille de se libérer des habitudes rythmiques et sonores pour pouvoir enrichir son spectre fréquentiel. La musique est filtrée par un appareil et transmise par un casque à conduction aérienne et osseuse. Les filtres vont mettre l’oreille alternativement « au repos », puis, « en activité » afin de stimuler la fonction d’écoute. Un programme personnalisé inclue de la musique de Mozart très riche en sons harmoniques et des chants grégoriens.

Cette méthode présente l’atout de ne pas rééduquer en se centrant sur le produit même des difficultés de l’enfant, ce qui mène bien souvent à une baisse de l’estime de soi et une perte de toute motivation (c’est le cas d’Enora lors des séances d’orthophonie !). La méthode agit inconsciemment.

Tomatis

Pour Enora, nous attendions des effets sur la parole, sur l’hyper-sensibilité aux bruits et pourquoi pas sur la coordination motrice (en agissant sur le vestibule gérant les mécanismes de l’équilibration et de la latéralité). Comment ? Pendant un mois, nous avons fait écouter la musique Tomatis de manière quotidienne en augmentant progressivement la durée (de 20 minutes à 1h30). Au début, en l’assortissant de l’autorisation de jouer sur l’IPad (phase d’acclimatation) puis dans la voiture et dans la poussette.

Les résultats ont été visibles au bout d’une semaine ! Alors que, depuis 9 mois, elle ne prononçait que la dernière syllabe des mots (« teau » pour « gâteau », « dos » pour « sac à dos »), nous avons vu apparaitre les premières syllabes : « gâteau » est devenu « â-teau », « sac à dos » : « sac – dos ».

Au bout de 15 jours, des constructions de 3 mots sont apparues : « jus pour moi », « maman, autre train », « j’adore ça ». Enora imite plus facilement le bruit des animaux.

Après 3-4 semaines, introduction de verbes et tentatives de phrases : « bébé boit b(ibe)ron » ! Et nous surprenons régulièrement Enora a parler lorsqu’elle joue avec ses playmobils (alors qu’avant elle jouait en silence).

Bilan très positif : Enora a une meilleure fluidité dans la parole et cela se traduit par une oralisation plus complexe qu’auparavant. Nous avons également noté une diminution de l’hypersensibilité aux bruits (le coiffeur a réussi à lui sécher les cheveux au sèche-cheveux : un exploit !). Bien sûr, il reste encore beaucoup à faire car Enora contracte la majeur partie des mots en omettant des syllabes.

Pour cela, nous avons fait une seconde session Tomatis ! Le programme à écouter était cette fois-ci basé sur la bande de fréquence particulière à la langue française.

Parmi les progrès notés : beaucoup de mots se complètent petit à petit (« par terre » était prononcé « p-erre» et est devenu « par perre», « fromage » était prononcé « ma » et est devenu « fro-ma », etc…), des phrases de 4 mots sont de plus en plus fréquentes, et nous avons entendu Enora chantonner sa première comptine (bateau sur l’eau) !

Les échanges avec elle sont de plus en plus riches. Pour preuve, le récit de notre dernière négociation :

– « ok, mais tu en prends un petit peu »

– « non, un grand peu! »

 

L’Education Conductive

carte_EC

Andréas Petö, médecin hongrois, a été le premier à considérer le handicap comme un défi éducatif et non comme un problème biologique ou physique.

Animé d’une philosophie très humaniste, il a créé une méthode appelée « l’Education Conductive ».

Celle-ci se base sur le fait que c’est au travers des activités de la vie quotidienne que l’enfant apprend les schémas moteurs.

La méthode est aujourd’hui reconnue dans de nombreux pays.

En France, 60 ans après sa création, les premiers stages d’éducation conductive ont vus le jour. La première école a ouvert ses portes en 2009 et depuis des familles ne cessent de se battre pour en ouvrir d’autres… Aujourd’hui, 6 établissements français pratiquent l’Education Conductive :

  • Honorine Lève-Toi/CEC Bayeux,
  • EHM Pouilly Sur Loire,
  • accroupie assise
  • AFPEC Laval,
  • SEIMC Maucomble,
  • CEC du Gard Clarensac,
  • La Maison Escargot Plédéliac.

Ils sont représentés par la FEPEC (Fédération des Établissements Privés d’Éducation Conductive).

Enora T. a fait sa première semaine d’Education Conductive en juin dernier à la Maison Escargot. Et elle était ravie !

Temps collectifs, ateliers sur les tables Petö (avec des étirements par le jeu), déjeuner, ostéopathie, bibliothèque et musicothérapie. Les journées sont bien remplies !

Enora a beaucoup travaillé le 4 pattes et la position accroupie mais surtout… elle a appris à tenir assise seule sur une chaise !

De l’avis de sa maman, c’est une combinaison parfaite que de pratiquer l’Education Conductive et la méthode Medek.

 

Méthode Vojta

Cette méthode repose sur trois notions :

  • Les chaines musculaires : Les muscles étant en relation les uns avec les autres, tout mouvement localisé se diffuse à travers le corps selon un trajet défini.
  • La locomotion réflexe : elle est déclenchée à partir de pressions appliquées sur des zones spécifiques. Cela provoque des schémas globaux et innés (réflexes) comme le ramper et le retournement.
  • Le frayage : Il s’agit du fait de maintenir les pressions mentionnées ci-dessus. Le kinésithérapeute « transforme » un mouvement normalement transitoire en un mouvement maintenu pour que la contraction musculaire persiste. Ainsi, le cerveau peut recruter plus de neurones, plus longtemps et de façon plus adaptée.

En pratique : le praticien manipule l’enfant en pressant des points précis du corps dans une direction déterminée. La pression est maintenue ainsi qu’une position du corps pendant une durée donnée (quelques minutes), puis le même exercice est effectué en symétrie. Progressivement, l’enfant répond à la pression en initiant un mouvement ; les premiers muscles sollicités sont ceux du dos et les abdominaux. Cette gymnastique est active, c’est-à-dire qu’elle demande la contribution de l’enfant autant que son âge et son tonus musculaire le lui permettent.

En ce qui nous concerne, Enora « répond » avec la kiné mais reste totalement passive avec nous lorsque nous tentons de reproduire les exercices à la maison. Il nous est donc difficile de vous donner notre opinion sur cette méthode car nous ne parvenons pas à la pratiquer de manière assidue. Nous la mentionnons tout de même car de nombreuses familles en louent les bénéfices.

 

Méthode de l’intégration des réflexes primitifs

Les réflexes primaires (ou archaïques) sont des mouvements automatiques involontaires, caractéristiques des nourrissons. Ils sont systématiquement recherchés par le pédiatre lors du premier examen médical car ce sont les bases du système nerveux et du tonus musculaire. Ces réflexes primaires sont essentiellement contrôlés par le tronc cérébral.

Au cours de la première année de vie, ils sont inhibés et remplacés par des réflexes posturaux grâce au contrôle volontaire des mouvements (c’est le signe que la myélinisation a atteint le cortex cérébral). Cette transition est révélatrice de la maturité neurologique.

Un trouble de développement ou une lésion au niveau du système nerveux (ex : paralysie cérébrale, traumatisme crânien, AVC, etc…) peut entraîner la persistance ou la ré-émergence des réflexes primaires provoquant ainsi la perturbation de l’acquisition du contrôle moteur, du développement neuro-sensoriel et des réactions posturales. Ceci se traduit par des troubles de l’acquisition de divers apprentissages : motricité bien sûr mais également parole, maturité émotionnelle, attention et concentration.

Cette thérapie propose des exercices inhibiteurs des réflexes primaires persistants.

Nous avons été initiés par les thérapeutes de l‘institut Devenir grâce à l’association Dominique : Une équipe d’une grande humanité.

Cette méthode ne nous a pas apporté de réels progrès sur le plan de la motricité mais elle nous a ouvert les yeux sur la personnalité d’Enora. Ce que nous croyions être lié et ancré dans le caractère résulte en fait de ces réflexes primaires persistants.

Un exemple ? Le réflexe de Moro, parfois appelé le réflexe de sursaut infantile.

Il est une réponse automatique à un changement soudain de stimulus sensoriel : une lumière vive, un changement de position, de température, un bruit fort, un contact intense, etc… peuvent déclencher le réflexe de Moro (l’enfant écarte les deux bras symétriquement en prenant une vive inspiration, puis se recroqueville, et se met à pleurer).

Les conséquences d’une mauvaise intégration sont :

  • Hypersensibilité
  • Manque de maturité émotionnelle et relationnelle
  • Manque de concentration
  • Anxiété
  • Déteste le changement ou l’effet de surprise
  • Besoin de contrôler les situations
  • Timidité
L’hypersensibilité d’Enora (aux bruits, aux émotions, au toucher, …) pourrait donc s’expliquer ?! et diminuer si l’on pratique le programme qui a été établi pour Enora. La plupart des exercices consistent en des massages, mouvements corporels ou des pressions isométriques (contre résistance), très spécifiques, effectués lentement.

 

Méthode Dévény

Nous n’avons pas testé directement cette méthode mais plusieurs familles nous ont rapporté son efficacité sur les enfants spastiques.

La physiothérapeute Anna Dévény a développé cette méthode de soins à partir de 1976. La Méthode Dévény (prononcez Déveigne) est aussi appelée DSGM (pour Dévény Special Manual Technique and Gimnastic Method). Elle consiste à enlever les contractures (raccourcissement du muscle en réponse au stress hypertonique continué comme la spasticité) afin de rétablir l’état originaire du système musculaire, des ligaments et des tissus. Elle corrige ainsi les positions incorrectes (pathologiques) du corps.

En effet, supprimer les contractures est la condition fondamentale pour pouvoir corriger le mouvement car avec des muscles et des tendons contractés, il est impossible d’effectuer un mouvement normal. Les praticiens Dévény considèrent que l’exercice actif et la mobilisation passive (méthode Bobath) ne suffisent pas à surmonter les contractures.

Ne vous méprenez pas ! La méthode Dévény n’est pas une simple technique de massage. En effet, contrairement au massage où le corps est dans une position détendue, avec la méthode Dévény, les muscles et les tendons sont traités dans une position étirée ou en mouvement. Les exercices sont assez impressionnants.

L’idéal est de faire des séances très régulièrement mais il est difficile de trouver un thérapeute Dévény en dehors de la Hongrie (à Budapest: email hidden; JavaScript is required). Ainsi, certaines familles invitent les praticiens ou font des séjours en Hongrie pour des sessions intensives. Ensuite, les parents doivent reproduisent des exercices (simplifiés) à la maison.

Les résultats s’observent au niveau du maintien (colonne vertébrale), des yeux pour le strabisme, de la préhension des mains et même de la mastication.

 

Motricité fine et Ipad

Nous qui étions contre les écrans avant 3 ans… Ne jamais dire « fontaine, je ne boirai pas de ton eau »!

Vers l’âge de 2 ans et demi, nous avons découvert les potentialités que peut nous offrir l’Ipad (ou autre tablette). Il existe tout un arsenal d’applications éducatives qui permettent à l’enfant de travailler la motricité fine mais également les pré-requis pour l’entrée à l’école maternelle (formes, couleurs, tailles, émotions, discrimination visuelle, etc…).

Nos applications préférées sont celles-ci : Ci-contre, une vidéo d’Enora A. en plein travail (mais elle n’aime pas les loups !)

Les orthophonistes sont de plus en plus nombreux à utiliser les tablettes et beaucoup de sites web recensent les applications dédiées ; en voici quelques uns :

  • Commission scolaire de Montréal : applications pour les enfants ayants des besoins particuliers
  • Une liste exhaustive dans cet article consacré à l’orthophonie
  • Article également sur « le blog de Za « , une jeune ergothérapeute également bien renseignée sur les méthodes de communication alternatives.